vendredi 20 mai 2016

Voix 2016: le documentaire


Réalisé par Sarah Saighi, ce documentaire vous permettra de faire connaissance avec les artistes de la résidence. Un témoignage précieux sur ce que furent ces trois semaines d'ébullition créatrice.
Il est à découvrir ICI











Vous pouvez également voir et revoir le documentaire de Judith Lesur, qui retrace la vie des Voix de la marionnette lors de la première édition, en 2014.
A découvrir ICI


jeudi 19 mai 2016

20 mai: la fin, ce n'est pas rien



Le matin est patraque, moins vert que le gecko en faction sur le mur d’en face.

On va bientôt se dire des mots définitifs, juste avant le velum.
D’abord on range.



L’intensité des derniers jours se fracasse sur les murs de l’alliance, couverts de graffitis.
Ça ferait comme des poussières de fatigue qui voleraient dans les airs.
La première chose à faire est de retirer les couches de papier : les bavardages se mesurent en kilomètre, rageusement gribouillés ou tendrement soulignés de fleurette, quand une fille aime un garçon, bien avant le désastre des épousailles.



Il restera, de tout cela, pour consoler les amertumes des dernières heures, la grande beauté du drame qui s’est joué là. Non pas seulement le souvenir, non pas seulement les images : plus encore, la possibilité d’y revenir, de reprendre possession de la scène, d’y jeter, à nouveau, rages, murmures, danses, vapeurs et transes. 
Se donner la peine d’y croire s’est déjà le faire exister : ce n’est pas rien.




Avant la fin

D'abord le spectacle de Clément sur les textes de Lolita Monga


L'écriture de Lolita Monga baigne dans un quotidien trivial où la langue créole s’amuse à éclabousser les passants que nous sommes. La femme a la part belle : elle chante, elle se rebelle, à l’image des bancs de carange que les pêcheurs tentent d’attraper dans leurs filets. Se profilent alors de belles images : une sirène à deux queues, des poissons à tête d’humains pervers. Il y aussi cette grande marionnette de mousse : manipulée par les trois comédiens, elle est celle qui se décompose et se recompose : personnage éclaté qui reflète bien les difficultés à  réunir sur un même plateau-monde tous les intrus que nous sommes.



Ensuite le spectacle de Leonor sur les textes d'Eric Dama



Tranches de vie malgache... Déclinant le thème imposé de l’intrus, Eric Dama nous emmène au cœur d’une maison malgache où rôde le chat de la voisine, il nous perd, en compagnie d’une bande de brigands fêtards, dans la forêt profonde, et puis comme un clin d’œil à une histoire pas si ancienne, voilà que tous se figent en un garde-à-vous radicalement militaire. C’est pour mieux rebondir : le souvenir ancien se transforme en une petite figure de papier. Fragile, elle n’en est pas moins terriblement présente et tout est dit : la beauté est légère comme les mots imprimés sur le papier journal.


23 images du spectacle

A découvrir ICI

Les Voix, un peu avant la représentation





Alors la lumière est revenue.

Médicis et Ragasy ont joué deux morceaux. Non. Trois.

Tandis que sur la scène l’un accordéonne, que l’autre guitarise, que les deux chantent, qu'emportées par la joie qui règne dans les lieux deux jeunes-femmes chaloupent de la fesse, le public se serre sur les gradins de la grande salle de spectacle.
Il fait chaud. Les enfants font les enfants et courent partout, personne n’aurait l’idée de les gronder, tout le monde se réjouit.

On attend de voir ce que donneront les textes lus le 9 mai dernier. Le 9 mai dernier, personne n’a compris grand-chose. Je me souviens des regards perplexes à la fin de la séance de lecture.
Maintenant que les lumières s’éteignent, les gens vont enfin savoir de quoi il retourne. (« non parce que je sais pas toi mais moi l’autre jour, j’ai rien compris. T’as compris quelque chose, toi ? Non »)

Expressions / Impressions

Clément Peretjatko, Kabar 19-05-2016
S'il y a des îles qui dépaysent grandement, Madagascar en fait parti. À la croisée de l'Afrique et de l'Océanie, ce sont tout mes sens de voyageurs qui s'illuminent. Installé dans un touk touk made in china que les Malgaches conduisent sur le sable rouge que foule mes pieds de waza, les cultures s'entrechoquent sous mes yeux et m’ébouillantent au delà de la rétine.
J'ai lu sur un mur de Diégo Suarez : "le voyage se prévoit mais la rencontre de la douceur reste imprévisible". C'est ce mélange en ébullition, cet imprévisible que j'ai cherché à mettre en scène. J'ai eu la chance de travailler avec trois acteurs malgaches provenant de différentes régions de l'île, un chanteur-musicien burkinabé, deux constructeurs de marionnettes, l'une française et l'autre belge. Il a fallut trouver l'unisson de nos imaginaires teintés du paysage de Diégo pour s'emparer de l'écriture sensible, poétique et imagée que Lolita Monga nous a préparé comme une sauce créole.
Dans les images de Lolita, les jeunes sirènes rêvent de chevaucher des 4x4 et se font belles pour partir, la nuit, à la pêche aux vieux carangues. Un voyageur prend le rôle de l’étrange étranger et cherche à se baigner dans la bais de Diégo pour purifier sa petite cicatrice. Une famille malgache réconforte, selon la tradition, une jeune fille dont le nouveau né est parti avant ses premières dents de lait.
Dans les images que nous avons construitent, ce sont des bancs de poissons qui dansent sur des étales où les billets de banques s'entrechoquent, des coquillages sonores, une sirène à deux queues, des chants électriques et une marionnette qui se désagrège pour mieux nettoyer sa plaie.
Les voix de la marionnette est une résidence qui s'adresse aux voyageurs aguerris, pour qui l'art de voyager se confond avec celui de créer. C’est une chance d’en être !


Leonor Canales, Kabar 19-05-2016

A travers et grâce au texte d’Éric j’ai voulu rendre visible la vie à Diégo.
Avec tous ses paradoxes, sa complexité, sa beauté…
Le voyage que nous vous proposons est une plongée dans les petits détails du quotidien, dans la force mora mora des malgaches, leur inventivité face à la précarité, leur douceur de vivre…
Je remercie Filip et Stéphanie de m’avoir embarquée dans cette magnifique aventure.
Merci à mon équipe Mouna, Prisca, Stephano et Samantha pour leur confiance, merci à tous les artistes de la Voix de la marionnette pour rendre concret cette belle utopie : ZUT ! je me tais… laissons les voix de la marionnette parler pour nous.

D'abord, les kabary...

1er kabary: Lucas Malcor, directeur de l'Alliance française de Diégo Suarez

2ème kabary: Stéphanie Lefort, organisatrice des Voix de la marionnette


3ème kabary: Filip Auchère, directeur artistique des Voix de la marionnette

4ème kabary: Clément Peretjatko, metteur en scène des Voix de la marionnette, Lyon

5ème kabary: Leonore Canales, metteure en scène des Voix de la marionnette, Brest


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